L’entrevue du client

Stéphane Desmarais, avocat

Alex Bradley, client

La première réunion d’Alex Bradley avec Stéphane Desmarais et Benoit Lavoie

Stéphane Desmarais :

Bonjour Alex, je m’appelle Stéphane Desmarais. Nous nous sommes parlé au téléphone. Je suis heureux de vous rencontrer. Voici mon associé, Benoit Lavoie. Il m’aidera dans le présent dossier. Suivez-moi dans la salle de conférences et veuillez vous asseoir. Nous parlerons de votre problème et des faits importants que nous connaissons, afin de vous donner les meilleurs conseils possibles.

Alex Bradley :

Alors, je quitte Tech World. Je veux constituer une société de logiciels éducatifs dès que possible. Oh, et j’aurai besoin de rencontrer vos experts en propriété intellectuelle. J’ai une version bêta d’un programme qui révolutionnera l’enseignement en ligne. C’est fabuleux. Il n’existe rien de tel sur le marché nord-américain. C’était l’idée de Miriam. Nous avons travaillé là-dessus ensemble jusqu’au jour où elle est décédée. Cela nous a permis de ne pas penser à sa maladie. Les garçons et leurs amis ont mis le programme à l’essai et il est fabuleux. Il est attrayant et il donne des résultats.

J’allais l’apporter à Tech World, mais les Dutton sont des monstres et je ne veux rien avoir à faire avec eux. De toute façon, ils ne savent rien au sujet des applications éducatives, ils ne s’intéressent qu’aux applications commerciales.

Vous savez, j’ai rencontré d’horribles gens, mais les Dutton sont les pires. Lorsque je leur ai vendu Tech World, j’ai été complètement honnête. Je les ai avertis que le travail devait venir après Miriam et les garçons. Je leur ai promis que je travaillerais aussi longtemps que je pourrais, mais je ne leur ai pas donné de date fixe, et je leur ai ensuite dit que je devrais réduire ma charge de travail lorsque l’état de Miriam se détériorerait. Évidemment, c’est exactement ce que j’ai fait; j’ai tenu ma promesse. J’ai été présent à temps plein pour les neuf premiers mois; ensuite, l’état de Miriam s’est détérioré et j’ai réduit ma charge de travail. Pour les six mois suivants, j’ai travaillé, disons, deux jours par semaine, juste pour m’assurer que tout fonctionnait bien, ce qui était le cas. Lorsque Miriam est décédée, j’ai pris deux mois de congé. Mais ensuite, je suis revenu, prêt à me replonger immédiatement dans le travail. Et, durant mon absence, sans même m’appeler, m’envoyer une lettre ou communiquer avec moi de quelque manière que ce soit, ils ont scindé mon équipe de recherche, m’ont enlevé mon autorité, ont transformé mon bureau en salle de conférences et m’ont déménagé dans un cubicule sans fenêtre. Ensuite, ils m’ont enlevé mon adjointe et m’ont accusé d’avoir présenté de manière inexacte la situation financière de la société. Inutile de vous dire que ma dernière réunion avec Pat Dutton a été une engueulade.

Qu’ils aillent se faire voir. Lorsque je quitterai, il y a trois personnes clés qui me suivront partout, et qu’est-ce qu’ils auront alors?

Je veux sortir de là sans aucune condition et je veux le faire maintenant. Oh, j’ai un contrat de travail. Oui, j’ai signé un contrat de travail avec eux. Je suis désolé de ne pas l’avoir examiné avec vous, mais je ne pensais jamais que je quitterais Tech World. En tout cas, le contrat dit que je peux donner un avis de 30 jours. Cependant, il y a cette clause 10 que j’aimerais que vous examiniez. Elle dit quelque chose comme quoi je ne peux faire concurrence à Tech World, et je n’ai aucun problème avec cela, parce qu’ils ne sont même pas dans le marché de l’éducation. Mais il y a cette autre clause qui dit que je n’ai pas le droit d’exercer des fonctions similaires presque partout. Qu’est-ce que cela veut dire? Est-ce que cela devrait me concerner? Je tiens à dire que le nouveau programme que j’ai élaboré n’a rien à voir avec Tech World. Miriam et moi avons travaillé là-dessus dans nos temps libres; Tech World et les Dutton ne savent rien au sujet du programme et n’ont participé à aucun aspect de celui-ci. Je veux aussi rester dans la région de Toronto. Je veux tout simplement savoir ce que je dois faire pour tourner la page, continuer à vivre à Toronto et aller de l’avant avec le projet sans être pris dans une bataille juridique avec les Dutton. Vous me direz ce que vous pouvez faire.